Disponible au niveau 40 de personnage
Le ciel dépeint dans Étoiles au clair de lune a véritablement existé.
Cependant, lorsqu'elle arriva sur cette planète pour la toute première fois en tant que représentante de la CPI, le ciel n'offrait plus rien excepté les profondes cicatrices de la Destruction.
Les onze corps célestes, autrefois dispersés à intervalles irréguliers aux côtés d'une vaste nébuleuse spirale, avaient disparu sans laisser de trace. Le vent soufflait depuis la faille, transportant des cendres sur la terre déchirée sous ses pieds.
La fille Omnitron leva la tête et contempla le ciel, comme si elle découvrait un tableau pour la toute première fois.
L'art est profondément ancré dans la civilisation. En restaurant l'une d'elles, peut-être pourrait-on toucher le mystère de la création artistique.
Alors la fille Omnitron leva son pinceau, faisant de la nuit étoilée et de la lune sa toile, peignant l'image du monde à travers le ciel.
« Je reprendrai les coups de pinceau disparus et rassemblerai les fragments des civilisations. Telle est l'Initiative de renaissance des mondes : vous rendre votre lune, votre nuit et vos étoiles. »
Lancement du protocole de reconstruction atmosphérique, ajustement des proportions : spectre visible intégralement restauré.
La fondation de l'Initiative de renaissance des mondes s'associa au Jardin de la mémoire et, puisant dans ses archives, elle prit les rênes de cette œuvre grandiose.
La première nuit, le ciel brisé se recousit lentement, telle une toile de cendre pâle.
La 100e nuit, onze corps célestes émergèrent de l'obscurité en tournoyant, et les sillages qu'ils traînaient se tressèrent en spirales dorées.
La 1 000e nuit, après trente-deux couchers de soleil, le ciel retrouva son bleu cobalt et son jaune de chrome familiers. Pas un survivant présent ne retint ses larmes.
« La peintre a fidèlement représenté les paysages de sa terre natale : le firmament d'un bleu profond tournoyant en spirales furieuses, des halos se propageant couche après couche, comme de tièdes ondulations. »
Elle avait bel et bien recréé ce ciel. Un véritable dôme céleste, une étendue étoilée jadis ravagée par la Destruction, désormais reliée de nouveau à l'univers.
Mais celle qui contemplait les étoiles n'était pas la peintre, seulement un Omnitron.
Pourtant, la civilisation de Lunegarde n'était plus qu'un souvenir. Aucune restauration, aussi magistrale soit-elle, ne peut dépasser la simple fonction de l'ambre qui préserve un instant gravé dans le temps.
La fille Omnitron contemplait le ciel qui se rallumait. L'immobilité éternelle y figeait une beauté éternelle, et du bout des doigts, elle semblait effleurer l'essence même de la « compréhension ».
« Et si... ce que je fais n'était pas une simple reproduction, mais une véritable création...? »