Disponible au niveau 20 de personnage
Elle entend le son des beaux rêves qui éclate.
Il y a dix heures système, le Festival Ôdiapason a été contraint d'être annulé.
Il y a trois heures système, le confessionnal du Mélodia de bronze a été submergé par des foules perdues et désorientées.
Il y a une heure système, la Famille a émis une sévère condamnation à l'encontre de la Maison Vieux-Chêne, et sont maintenant attendues une enquête et une chasse aux fugitifs dans les jours à venir.
« Gloire à l'Éminence, puisse l'harmonie demeurer éternelle... »
La majestueuse musique Ôdiapason résonne dans la salle du parlement.
Pourtant, il lui paraît évident que les cinq maisons scandaient des slogans de solidarité il y a quelques secondes à peine, pour aussitôt se retourner et comploter afin de se partager le pouvoir et d'en tirer profit.
« Madame Robin, merci de chanter, mais le Mélodia de bronze, a-t-il vraiment... abandonné la Voie de l'Harmonie... »
Un chasseur de rêves qui priait autrefois Sunday la retrouve, le visage tordu par la douleur.
Elle veut désespérément réconforter cette âme perdue et désemparée, comme son frère avait coutume de le faire, mais même la plus belle des chansons lui semble creuse et impuissante en cet instant.
« Madame Robin, c'est l'Harmonie qui a fait du Bastion flonirique ce qu'il est aujourd'hui ?
— Robin, tout le monde est traité comme des membres de sa famille, non ? »
Les enfants de la chorale se pressent autour d'elle, dans le rire et le jeu, mais leurs questions innocentes la laissent totalement désemparée.
Elle plonge son regard dans ces yeux qui pétillent, et ne peut rien faire d'autre que les serrer en silence dans ses bras.
« Je ne t'avais jamais vue dans cet état... »
À la Taverne Chocmar, elle accepte la boisson apaisante préparée par Siobhan, et laisse la saveur amère et légèrement acidulée envahir son palais.
« Avant, je chantais pour l'Harmonie, mais aujourd'hui, je ne suis plus sûre du chemin que je dois prendre... »
Siobhan lui tapote doucement l'épaule. « Ce n'est pas à toi de porter ce fardeau. »
Elle secoue la tête : « Mais si je doute moi-même, comment pourrais-je convaincre qui que ce soit de croire ?
— Tu sais, ton frère venait ici boire un verre de temps en temps, lui aussi.
— Mon frère ?
— Il s'asseyait toujours à l'abri des lumières, avec un air aussi tourmenté que le tien aujourd'hui. Puis un jour, il a écrit une ligne dans le livre d'or du bar et n'est jamais revenu... »
Elle contemple cette écriture familière, comme si, elle aussi, était confrontée à un choix de vie similaire.
« Ce sont les gens qui ouvrent la voie, et non la voie qui attend les gens. »